La Veille

J’aime tellement la nuit. J’ai cette théorie inspirée de la psychologie évolutive : depuis la nuit des temps, il y avait des diurnes et des nocturnes. Les diurnes s’occupaient des choses nécessitant du soleil : les cultures, la chasse, la pêche. Les nocturnes, eux, veillaient à la sécurité du groupe, pour donner l’alerte en cas de présence d’un prédateur ou groupe rival, ou encore, des pilleurs.

Je dois descendre des veilleurs de nuit. Je veille. Je garde en moi cet instinct de donneuse d’alerte, de celle qui tente de déceler la menace au milieu de l’obscurité.

Récemment, je me suis mise à regarder compulsivement des épisodes d’American Horror Stories. Le plot twist est souvent le même : c’est l’un des proches du personnage principal fuyant le danger et passant pour un fou, qui finit par le piéger en s’avérant complice du mal qui guettait le personnage. Parfois, le mal en soi est d’autant plus inoffensif, finalement, que son proche est dangereux. À l’affût, le personnage n’a pas vu que son pire ennemi et cause de sa perte se trouvait parmi les siens. C’est mon pire cauchemar.

Cependant, le danger qui me guette réellement, dans l’immédiat, est le risque de louper l’avion qui m’emmène à Barcelone avec tous mes collègues, en m’endormant comme une merde 10 minutes avant mon départ de la maison.

Et donc, je veille.