Cabaret

Il y a quelque chose de répugnant, chez les bobos. Chez moi, c’est viscéral. Je me suis laissée convaincre par M. d’aller à une soirée “féministe” voir un cabaret et une soirée DJ. Non seulement un mec a pris la place que M. m’avait réservée, mais, en plus, le lieu était bondé et puait le potiron. Des couples identiques s’agglutinaient ici et là, avec leur siège bébé/landau portable. Lui, barbu échevelé ; elle, cheveux filasses et fagotée “équitable”. C’était bruyant, les gens faisaient la queue et s’attroupaient comme si c’était la soirée du siècle, alors que c’était honnêtement minable.

Je ne me sens bien et réellement à l’aise que dans des bars pour étudiants irresponsables, où les serveurs sont toujours plus bourrés que la clientèle, tandis que les lieux de sociabilité des bobos trentenaires m’ennuient et me dégoûtent.

C’est leur façon d’occuper l’espace, une certaine docilité qui s’en dégage et qui me tape sur le système. Le lieu également m’agace : cette esthétique paresseuse “comme à la maison”. Si je voulais être à la maison, j’y resterais, ta mère la pute.