Mira la tarde, mira qué canción,
multicolor: las mobylettes felices
como estrellas fugaces, quinceañeras
azules con bermudas y suspensos, gaviotas
acariciando el tiempo,
la playa allá como una bienvenida…
¿Cuánto le habrá costado
al Universo, cuántos siglos, abrazos, guerras…
este momento?
Apiádate.
No sueltes
en medio de esta hora
el paquidermo mustio de tu filosofía.
“Capricornio en el Paseo Marítimo”, Miguel d’Ors
Vois l’après-midi, vois cette chanson
multicolore : les mobylettes joyeuses,
telles des étoiles filantes, des adolescentes
bleues, en bermudas, traînant leurs mauvaises notes, des mouettes
caressant le temps,
la plage au loins comme un acceuil…
Combien lui aura-t-il coûté
à l’Univers, combien de siècles, d’étreintes, de guerres…
pour cet instant ?
Prends pitié.
Ne lâche point
en plein coeur de cette heure
le pachyderme morose de ta philosophie.
“Capricorne sur la promenade maritime”, Miguel d’Ors [Traduction de Julia March]