Indigence

Je raconte à Confiture comment, au moment où je changeais de boulot, on me disait, dans mon cercle professionnel de l’époque, de ne pas me faire d’illusions et de revoir mes attentes à la baisse. Alors que mon but, dans cette démarche, était également de m’extraire de ce cadre où l’indigence était la norme, “se contenter de ce que l’on a”, “ne pas en vouloir trop”. Je pense que cet état d’esprit est, finalement, éminemment genré, dû au fait que la plupart de ces femmes qui m’entouraient ne semblaient pas croire qu’elles pouvaient espérer mieux que ce qu’elles avaient déjà. Le contentement, malgré des conditions de vie peu satisfaisantes.

J’ai l’impression que toute ma vie se résume à combattre la pensée de l’indigence, à ne pas la laisser pénétrer mon esprit malgré les dards que lancent leurs prosélytes, à m’écouter plutôt qu’à me fier aux discours prônant le minimum syndical, le “peut-être qu’il n’y a rien d’autre de mieux qui m’attend et je devrais me contenter de ce que j’ai”, quand ce que j’ai ne me convient pas, a un goût d’inachevé.

Je réfléchis à cela aujourd’hui, mais pas beaucoup.